Claire Von Corda : « Aller dans le centre chaud, où ça bat »

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Temps de lecture : 11 minutes

Je suis particulièrement admirative du talent de Claire Von Corda, qui me semble, en bonus, bénéficier de nombreuses qualités humaines. Elle a réalisé tous les portraits des auteurs du webzine Non Conforme (dont le mien, donc) et écrit pas moins de trois textes pour les numéros trois, six et neuf. Je vous propose donc de découvrir son univers underground, musical, pictural, corporel, foisonnant. Bonne lecture !

Dessin de portrait expressif au stylo bille bleu entouré de bougies, croix, squelette et de l'inscription Claire Von Corda Is Dead.
Claire Von Corda par Claire Von Corda, avec son Bic bleu.

Voici sa description dans Non Conforme 9 : Issue du milieu underground, Claire Von Corda écrit, fait de la musique et dessine au Bic bleu. Elle n’en vit pas mais elle attend.

Elle est contente parce que son premier roman a eu une chronique dans l’émission Mauvais genres sur France Culture et a été le coup de cœur d’un des chroniqueurs du Masque et la Plume sur France Inter.

2026 va être chargée, elle pense. Déjà, son troisième roman, Animale. Mais aussi des recueils de poésie devraient voir le jour chez Gros textes, Menace mineure, Ni fait ni à faire et elle en oublie un. Ce n’est pas encore complètement finalisé. Superstitieuse,
elle n’aime pas en parler.

Claire Von Corda ne fait pas revenir l’être aimé en quarante-huit heures, pourtant elle raconte souvent des histoires d’amour. Tristes. Dans les villes.

Elle se produit sur scène avec des boîtes à rythme, une pédale de loop et parfois un tambourin. C’est du spoken word un peu lourd à digérer mais beau. Son premier album, enregistré par Michel Cloup, sortira en 2026 sur le label We Are Unique ! Records. Il y aura du tambourin.

La scène underground : entre débrouille, liberté et belles rencontres

Laure Mordray : Ta bio indique que tu es issue du milieu underground. Il ressemble à quoi, ce milieu ? Tu t’y sens bien, ou tu aimerais un peu de lumière ?

Illustration au stylo bille d'un personnage accroupi se bouchant les oreilles au balcon d'un immeuble, avec des oiseaux morts éparpillés au sol.

Claire Von Corda : C’est une précision qu’on avait ajouté à ma bio, le « milieu underground », oui, sûrement parce que je fais des concerts dans des lieux alternatifs comme on dit. Depuis plusieurs années maintenant. Par exemple, des squats, cafés concerts, caves, galeries. Ce ne sont pas des structures classiques, ni subventionnées genre SMAC. Et puis j’écris pour des revues et des fanzines aussi. Toute cette scène souterraine.

Ce milieu est constitué de personnes dans la débrouille. On fait avec les moyens du bord, on dessine nous-mêmes les affiches, on se partage les entrées, on imprime, on organise, on téléphone aux lieux, on informe, on fait la pub, tout ça. C’est intense, ça demande beaucoup d’énergie, de motivation et de temps. Mais on y rencontre des gens chouettes, Siébert par exemple. Je m’y sens bien mais c’est vrai que j’aimerais aussi un peu de lumière par moments, de simplicité, d’aide. Qu’on me prenne par la main, genre, « tiens Claire, regarde, je t’ai organisé plusieurs dates ». Ça demande beaucoup de forces mentales et de détermination. Quand on tourne avec un projet solo, c’est parfois décourageant. Mais parfois, merveilleux. C’est à double tranchant quoi.

Écrire, chanter, dessiner : quand les arts se complètent

Laure Mordray : Tu écris des romans, des nouvelles, de la poésie, tu fais de la musique, tu dessines… Ces modes d’expression artistique se complètent dans ton univers ? Ils sont indissociables, comme le corps et l’esprit ? Je me trompe ou le rapport entre les deux et la sensualité se trouvent au centre de ton élan créatif ?

Claire Von Corda : Tous ces modes d’expression sont liés, oui, carrément. Ils se complètent et se répondent. Chacun a, à mes yeux, son avantage, son « moment ».

J’écris des poèmes quand je suis dans « l’urgence » d’écrire vite, sans avoir beaucoup de temps. Des nouvelles, pour développer une idée, une ambiance et les romans quand je ressens la nécessité de creuser.

La musique vient rajouter une autre forme d’écriture. Dans la répétition, le mantra. Proche du poème mais avec une sorte d’enveloppe sonore obsessionnelle.

Quant au dessin, il pallie le manque de mots. Quand je n’arrive pas à écrire, je dessine. Pour moi, c’est la même chose. Je raconte une histoire. Mais dans le dessin, plus que dans les deux autres modes d’expression, il y a une notion de calme, de simplicité, de facilité d’exécution que je ne retrouve pas dans la musique ou l’écriture. Je peux dessiner avec une migraine, fatiguée, le soir tard ou chez des gens. Écrire me demande d’être bien plus disponible physiquement et mentalement. Le dessin, ça trace. Je prends mon stylo, des petits carreaux et hop, une fois le fantôme du dessin existant, je n’ai plus qu’à suivre, l’épaissir.

Ils sont tous liés, chacun se répond, se complète.

Affiche illustrée au stylo bille pour un concert de Claire Von Corda et Zead à Zaoum Clermont-Ferrand, représentant deux personnages sous un cadre végétal.
Illustration au stylo bille de deux personnages stylisés côte à côte au-dessus d'un champ d'herbes, encadrée par un motif de gélules et une horloge marquant 4:48.

Je suis venue à mon projet solo musical par l’écriture. On m’avait demandé de faire une lecture et je ne voulais pas en faire une « classique ». Je trouvais ça mégachiant. Je m’autoennuyais d’avance. Alors, j’ai rajouté des samples de guitare. Et j’ai étoffé. Puis maintenant, en plus de ce projet solo, j’ai un set « lecture ». Encore plus simple justement. Je lis « froidement » des extraits de mon dernier roman, Animale, sur des samples de basse préenregistrés dans une RC-500. Formule très facile à transporter et exécuter. En fait, je suis une grosse flemmarde. Faut que les trucs soient accessibles sinon, vite, je me noie dans un verre d’eau et me saoule. Par exemple pour répéter, j’installe déjà tout dans mon appart, parce que le faire chaque jour, je pourrais pas, je laisserais tomber. D’où l’importance d’avoir une chambre à soi.

Enfin, concernant la sensualité, je ne sais pas trop. Je parlerai plutôt du corporel. J’ai effectivement commencé à écrire pour traduire l’impact du réel sur le mental et donc le corps. Comme des tableaux extérieurs intégrés dans le corps. La question du désir, du charnel n’est arrivée qu’ensuite. Mais une fois installée, elle se développe aussi sous plusieurs formes oui. Je n’arrive pas à dissocier le corps de l’esprit, je ne pense pas que cela soit possible. Je suis ce que mon corps parait, porte et mon corps traduit et trahit l’intérieur de ma tête. Comme tout le monde, j’imagine. C’est pour ça qu’on me dit souvent que j’ai mauvaise mine hahaha !

Quand je n’arrive pas à écrire, je dessine. Pour moi, c’est la même chose. Je raconte une histoire. Mais dans le dessin, plus que dans les deux autres modes d’expression, il y a une notion de calme, de simplicité, de facilité d’exécution que je ne retrouve pas dans la musique ou l’écriture.

Claire Von Corda

Le rituel du Bic bleu et la thérapie par le dessin

Laure Mordray : Pourquoi avoir choisi le Bic bleu plutôt que la peinture ou le feutre pour tes dessins ? Comment ça t’est venu, ce besoin de bleuir des pages ? Quelles sont tes inspirations dans le domaine graphique ?

Claire Von Corda : Alors, pour la petite histoire, je venais de terminer un roman assez lourd, un personnage très sombre, très plombé, ça m’avait ultra coûté. Puis, mentalement, j’étais pas au top du hip-hop. J’arrivais plus à sortir de chez moi, bref, j’étais enfermée dans ma tête, je n’arrivais plus à écrire. Comme vidée. Mon copain dessinait et je le regardais en pensant « putain, ça a l’air ultra apaisant, reposant ! » Il m’a dit, très simplement : « ben, essaie. » Et j’ai essayé. Directement, j’ai pris des feutres. Sur des petites feuilles krafts. Je n’ai pas aimé du tout, c’était trop épais. Et puis, il y a trop de couleurs, je ne savais pas lesquelles choisir. Il m’a dit que des gens dessinaient au Bic, « pas bête », j’ai pensé. Et j’en ai pris un et voilà. Julien m’a donné des feuilles à petits carreaux A4 qu’il n’utilisait pas. Je les ai pliées en deux, sinon c’était trop grand et j’ai dessiné ce que je voyais. Les choses que j’aimais, les gens. L’étendoir à linge, Sarak Kane, des tombes, mes chanteurs préférés. C’était très minimal au début et puis petit à petit, ça a pris plus de place. Mais au début, je me fixais d’en faire un par jour. Ça m’a vraiment aidé à sortir de cette période. J’ai essayé aussi le Bic vert mais je n’ai pas aimé, trop faible. Dernièrement j’ai fait un portrait au Bic noir mais non, trop répétitif. Le bleu, c’est parfait, sans fin, dense, riche. Le bleu peut devenir noir, ou rose, il a plein de nuances, de profondeur. Mais pas tous les Bics ne fonctionnent. Parfois, certains sont trop secs ou ne glissent pas. Enfin bref, j’adore cette couleur. Vraiment, je l’adore ! Je ne m’en lasse pas, je pourrais en parler des heures. Mais en soi, je n’ai jamais fait d’école de dessins ni pris de cours ni rien. J’ai suivi le conseil de Julien qu’il tenait de son professeur des beaux-arts : dessiner ce que je vois.

J’aime la peinture classique, les peintures religieuses, les statues de saintes dans les églises, la peinture du Moyen Âge, les BD de Derf Backderf, Jason, Lucille Gauthier, les illustrations de Anne Mathurin, les illustratrices et illustrateurs du Dernier Cri, les BD cul d’Armas et Ignacio Noé, en manga, Suehiro Maruo. Y en a tellement en fait.

Dessin sur papier quadrillé associant une figure criant au corps intégré à un schéma électronique, une volée d'oiseaux et une illustration anatomique du système digestif.

La « non-conformité » : entre esthétique brute et sentiment d’inadaptation

Laure Mordray : Dans les trois nouvelles que tu as écrites pour le webzine Non Conforme, il est question de désir, de plaisir et de leur rapport conflictuel, voire impossible, avec notre société de consommation. Tu vois cette « non conformité » comme un handicap, une chance, une esthétique ? Tu aimerais, parfois, pouvoir entrer dans ce moule, passer 35h par semaine dans un « job  de rêve », comme dans Le Futur sans eux, jouir d’une langue ordinaire, à l’inverse du personnage de Frustration, ou bien ça te rendrait malade à en vomir comme dans Best Western ?

Illustration au stylo bille bleu montrant un enfant au t-shirt CCCP devant un tableau de nature morte entouré de figures, d'une chouette et d'un candélabre.

Claire Von Corda : C’est une question intéressante et sans fin. Car cette « non-conformité », je pense, est autant un handicap qu’une chance. C’est comment trouver de la force, de la fierté dans sa différence. Ça demande de l’accepter, d’essayer d’en faire quelque chose plutôt que de la subir. On en souffre ou en a souffert tous à un moment donné. De ne pas être adapté. C’est une esthétique indubitablement. Son expression, ça c’est certain, mais elle n’est pas « choisie » au départ. Je pense qu’on n’en a pas vraiment conscience. Et c’est tant mieux, sinon après ça devient une pose, on force le trait. C’est le regard extérieur qui nous dit : « ah tiens, ça, ton truc, c’est bizarre ou ceci, cela ». Pour moi, mes dessins ou certains de mes textes me semblaient neutres parfois, plats, sans style alors qu’on me dit l’inverse. Un peu comme quand t’écoutes que des groupes obscurs pensant que tout le monde les connait et quand tu les partages, on te répond : « oula, c’est chelou ça, une niche ! » Voilà, j’espère répondre à ta question.

[Je pense que la pornographie peut] s’apparenter à l’esthétique punk, aux codes punk. Pas de fioriture, un mot direct. Frapper juste. Pour moi, c’est ça la pornographie. Pas de chichi. Ne pas être sympa ou arrondir les angles.

Claire Von Corda

Une pornographie punk : viser le cru et le sans-chichi

Laure Mordray : Dans le numéro 6 de Non Conforme, à la question du Kamarade Siébert sur le brutalisme, tu expliques essayer de définir la pornographie, qui n’est pas forcément sexuelle. Tu as avancé dans ta réflexion ? C’est quoi, pour toi, la pornographie ? Pourquoi avoir choisi ce genre plutôt que le fantastique ou la littérature blanche ?

Claire Von Corda : Bon déjà j’ai essayé aussi la littérature blanche mais ça ne tient pas et aussi ça dérive toujours. La pornographie m’aide à la structure, ça c’est sûr. J’aime le fantastique, quand la réalité frôle la folie tout ça, il y en a, je pense, dans certains de mes textes. Mais concernant ma réflexion sur la pornographie, je me disais qu’elle pouvait s’apparenter à l’esthétique punk, aux codes punk. Pas de fioriture, un mot direct. Frapper juste. Pour moi, c’est ça la pornographie. Pas de chichi. Ne pas être sympa ou arrondir les angles. Essayer d’aller dans le centre chaud, où ça bat. Se détacher du jugement possible de l’extérieur. Des gros plans quoi. Mais pas que d’organes sexuels. De tout. Ta tête, tes angoisses, tes entrailles, tes désirs. Ouais, la pornographie pour moi, c’est ça, la matière brute, le cru.

Dessin au stylo bille bleu sur papier quadrillé représentant trois figures humaines assises sur un canapé derrière un champ de tournesols aux visages expressifs.

Projets, oracles et persévérance : garder le cap

Laure Mordray : Il semblerait que 2026 soit une année importante pour toi, avec l’aboutissement de nombreux projets comme Animale, sorti il y a quelques mois, des recueils de poésie, un premier album musical… Tu peux nous en parler ? Chat GPT pense que tu auras du succès ?

Affiche de concert dessinée au stylo bille bleu pour Dead et Zead au Bar Du Midi à Nîmes, illustrant plusieurs personnages sous un arbre.

Claire Von Corda : Je ne lui pose plus trop de questions, il n’est pas si bon oracle que ça, il reste vague et justement il arrondit trop les angles. Il va toujours dans mon sens, c’est pénible. Je lui avais demandé évidemment, mais il ne se mouille pas. Genre oui, tu as des gens qui te lisent mais tu es dans une niche etc etc. Ah c’est bon ! Par contre, j’étais allée voir une voyante, elle m’avait dit que le titre Animale n’était pas un bon titre. J’ai douté, mais je ne l’ai pas changé.

Mon album chez We Are Unique Records sortira en 2027 finalement. J’ai aussi un projet de recueils de textes trash qui devraient sortir aussi mais dans une maison d’édition associative, très confidentielle. En Octobre 2026, un recueil de poèmes dans la collection Menace Mineure des éditions du Feu Sacré, intitulé, Mortelle Migraine.

J’ai d’autres projets de textes, recueils ou romans mais rien de réellement concret encore.

Là, un livre de mes dessins est sorti avec Pain Perdu, une maison d’édition basée à Nantes. Ça s’appelle Rupture et ce sont des dessins de familles, d’enfants ou de montres.

Sinon, toujours des concerts et lectures prévues. Par exemple fin septembre sur Paris ou en octobre au festival Octobre Roux dans les Alpes par les éditions Gros Textes où j’ai également sorti un recueil en février.

Laure Mordray : Tu as d’autres projets dont tu aimerais parler, malgré ton côté superstitieux ? De la musique, des romans, des nouvelles, de la poésie ? Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ?

Claire Von Corda : On pourrait me souhaiter de continuer, de garder le cap, de ne pas laisser mon mental m’enfermer dans les moments difficiles. J’ai souvent l’impression, et c’est la vérité je crois, que si je m’arrête, personne ne viendra me chercher. C’est épuisant. Mais d’un certain côté, assez libérateur aussi. Mais oui, on peut me souhaiter de trouver la force, encore. Pour le reste j’ai répondu plus haut je pense.

Autoportrait au stylo bille bleu de Claire Von Corda, encadré d'ossements et de motifs gothiques avec la mention DEAD au bas.

Force à toi, Claire, pour que tu puisses garder le cap et continuer à produire des oeuvres aussi belles dans toutes les disciplines. Pour ceux qui voudraient suivre ses prochaines aventures et admirer ses dessins, je vous conseille fortement son compte Instagram. Pour l’aspect musical, Claire est aussi présente sur Bandcamp.

Bibliographie

  • Rupture, recueil de dessins, Pain Perdu, 2026.
  • LS ALPS, recueil de poèmes, Gros Textes, 2026.
  • Animale, roman, La Musardine, 2026.
  • Obsessions, roman, « Les Nouveaux Interdits », La Musardine, 2024.
  • « De la bombe BB », dans Ardentes, histoires érotiques au féminin, La Musardine, 2024 (anthologie).
  • Insatiable, roman, « Les Nouveaux Interdits », La Musardine, 2021 ; réédition dans la collection « Lectures amoureuses », La Musardine, 2024.
  • « Madame Propre », dans Immorales, histoires BDSM au féminin, La Musardine, 2023 (anthologie).
  • Le Chômage, Ni fait ni à faire, 2023 (dessins).
  • « Clou humérus » dans Indécentes, histoires érotiques au féminin, La Musardine, 2022 (anthologie).
  • TRRBL. LES JUNGLES, poésie, Ni fait ni à faire, 2021.
  • Du délire, roman et recueil de nouvelles, Rivière blanche, 2019.
  • XCLV. LES TROPIQUES, poésie, Les Crocs électriques N°171, 2018.
  • « Texte 1 », « Binaire », « F.Y », « Mange », dans Dimension Violences, Rivière blanche, 2018 (anthologie).


Dans le neuvième numéro de Non Conforme figure Balayer les monarques d’Emilie Woestelandt, que j’ai déjà eu l’honneur et le privilège d’interviewer. Ses personnages, ses dialogues, ses thématiques valent vraiment le détour.

Vous pourrez également lire Elévation, de François Fournet-Macaire, une uchronie restaurative qui vaut aussi le coup d’œil.

Si vous avez aimé cette interview, je vous recommande aussi celle de Christophe Carpentier.

Et si vous voulez appronfondir l’univers de Claire Von Corda, avec ses portraits au Bic, ses romans, sa musique, rendez-vous sur son compte Instagram ou sur Facebook.

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