Pour ce nouveau numéro du webzine Non Conforme, j’ai proposé à Emilie Woestelandt de répondre à mes quelques questions. Sa nouvelle, Avis de recherche, m’a beaucoup touchée par ses thèmes et son écriture. On y suit deux frères, Ludo et Diego, qui font ce qu’ils peuvent dans une société où ils peinent à trouver leur place. Alors, ils volent des chiens aux riches dans l’espoir de récupérer une belle récompense quand ils les leur rendront.

Voici sa description dans Non Conforme 5 : Emilie Woestelandt est une écrivaine née en plein essor du grunge. Elle écrit de la fiction, de la poésie, des romans et nouvelles. Ses textes sont publiés dans de nombreux magazines, fanzines, revues, recueils de poésie et anthologies de nouvelles. Elle est coscénariste de plusieurs scénarios et courts-métrages sélectionnés en compétition officielle dans divers festivals internationaux et concours de scénarios. Parmi lesquels : le prix du scénario SiRAR du Festival international music & cinema Marseille ou le Festival international du film indépendant Extramuros (Chili) dans la catégorie “Cinemetáfora”, dédiée à la poésie et au texte littéraire. Sa nouvelle de science-fiction “Goria : les corps connectés” est publiée dans l’anthologie de nouvelles Goudous où êtes-vous ? chez Paulette Éditrice. En 2024, une autre de ses nouvelles de science-fiction, “Chrome Zéro numéro 27”, a été présélectionnée pour le Prix Jacques Sadoul. En 2025, elle est à nouveau finaliste du Prix Jacques Sadoul avec sa nouvelle “Tous les guerriers finissent au Valhalla” et termine dans la sélection des meilleurs textes qui sera publiée en 2026 par les éditions Au diable vauvert. Son univers, punk, queer, poétique et dystopique, se situe à la frontière des genres. Son premier roman sortira en 2027 chez Paulette Éditrice.
Le parcours d’Émilie : entre punk, engagement et authenticité
Laure Mordray : D’après ta bio, il semble que tu te définisses plus, en tant qu’écrivaine, par tes goûts culturels et artistiques que par les lieux que tu as traversés et les activités que tu as pu y exercer. Comment parviens-tu à trouver un équilibre entre ta réalité matérielle et ces influences, dans ton écriture ?
Emilie Woestelandt : Je dirais que l’imaginaire, au-delà d’être un refuge, dépeint le réel, autant que le réel infuse dans l’imaginaire. J’ai des souvenirs très intenses dans des salles de cinéma. L’expérience vécue face à un film, c’est comme se souvenir d’un voyage. La première fois que j’ai vu un Gregg Araki ou un Kubrick, ce sont des moments aussi marquants que fondateurs. Un voyage laisse des souvenirs. Mais certaines œuvres, elles, s’implantent. Une œuvre, c’est un paysage intérieur. Et certains de ces paysages vous traversent. Découvrir, surtout en étant jeune, que certaines personnes parcourent des zones de l’imaginaire jusqu’à parfois accéder à des coins inexplorés, c’est ce qui m’a marquée.
Aussi, il y a une manière de décrire le monde et dire ce qu’on ressent en créant. Je retiens chaque œuvre qui m’a émue, fait pleurer ou frissonner, qu’il s’agisse de livres, de poésies ou de films. Je dirais que je suis sensible à ce voyage dans les imaginaires et à l’intérieur de soi. D’une certaine manière, on pourrait dire que Nowhere ou La Fureur de Vivre m’ont artistiquement plus marquée que beaucoup de paysages de la vie réelle. Bien que les souvenirs de la réalité matérielle aident à composer, peindre la surface des choses. À ce propos, je ne suis pas une personne compliquée niveau inspiration : les parkings désaffectés, les immeubles abandonnés, les lampadaires de nuit, c’est déjà source d’inspiration.
Je ne suis pas une personne compliquée niveau inspiration : les parkings désaffectés, les immeubles abandonnés, les lampadaires de nuit, c’est déjà source d’inspiration.
Emilie Woestelandt
J’aime écrire les émotions, l’intemporel comme l’amour, autant que les lieux ou les choses dont on pourrait se dire : à quoi bon écrire là-dessus ? On ne se rend pas toujours compte, mais la poésie est partout. Évidemment qu’elle se trouve dans une plage idyllique dans les Baléares. Mais elle se trouve surtout là : au quotidien. Prenons, pour rester dans le thème, une chanson de Bowie que j’aime beaucoup : Five Years. Je crois que l’entièreté du texte résume assez bien ce que je ressens sur cette poésie constante et quotidienne. S’asseoir dans un café, sur un banc, au bord de mer et regarder les gens vivre, c’est déjà commencer à écrire. Tout ça, c’est l’expérience de la vie. Qui passe par des œuvres qui nous ont bouleversés ou le soleil rouge d’un crépuscule. Finalement, je compose en traversant le monde, qu’il soit matériel ou immatériel. Mais oui, j’aime voyager dans les univers de quelqu’un d’assez fou pour l’avoir créé. Revoir 2001 : L’Odyssée de l’Espace, relire une phrase d’Une Saison en Enfer ou écouter Bowie, c’est revivre un souvenir intense.

Laure Mordray : Alors, pour te présenter au mieux aux lecteurs, quels sont les chansons, les albums qui transpirent le plus dans tes textes ?
Emilie Woestelandt : Il y a une diversité aussi grande que la diversité de mes écoutes dans mes textes. Ça va de classiques, comme Joy Divison, les Beach Boys, Kurt Cobain ou Pink Floyd. Des chansons de ma génération comme celles de Britney Spears. Jusqu’au trip-hop ou le plus expérimental. On peut même y croiser Nobuo Uematsu — le compositeur de certains jeux vidéos Final Fantasy. Tout est possible. Chacune de mes œuvres, de la nouvelle au roman, a son atmosphère. Pour commencer à parler de mon premier roman qui sortira chez Paulette Éditrice, il a une bande-son, si je peux emprunter le mot au cinéma, très punk et post-punk. Ici, pour Avis de Recherche qu’on peut lire dans le n° 5 de « Non Conforme », c’est beaucoup plus sombre ou noisy. On y entend Sick de Salem, par exemple. Ça, c’est simplement le souvenir d’un album, King Night, que j’écoutais beaucoup dans une période assez sombre de ma vie — liée par ailleurs à beaucoup des thématiques présentes dans le texte. Parfois, un peu comme partagé dans la question précédente : le réel s’infiltre dans l’imaginaire.
Laure Mordray : Et pour la littérature ? Quels sont les textes qui t’influencent le plus en tant qu’autrice ? Et quels sont tes auteurs préférés du moment ? (Hormis Christophe Siébert, notre bien aimé soleil à tous, béni soit-il, évidemment)
Emilie Woestelandt : Pour mes lectures, sans citer Christophe qu’on ne présente plus, je ne suis pas particulièrement sensible aux dernières sorties. J’ai des auteur·ices que j’affectionne et s’en ajoutent parfois à cette liste. Je lis comme j’écris : beaucoup de textes à la fois. En ce moment, il y a Breat Easton Ellis, L’Effondrement d’Édouard Louis et André Aciman dans ma pile de bouquins en cours de lecture. J’ai deux autres romans à lire pour la suite, que j’ai déjà très hâte de lire : Fun Home d’Alison Bechdel et Madame Bœuf de Guy Chevalley. Aussi, j’ai une petite addiction aux essais que j’aime enchaîner — bien que je sois une lectrice qui laisse le livre m’accompagner sur la durée. J’aime assez ce rapport à la lecture qui prend le temps.
En ce qui concerne mes inspirations, j’ai tendance à penser aux textes qui m’ont marqué étant jeune. J’en avais parlé à la question de Christophe qui ouvre le Non Conforme n° 5 mais les poètes romantiques m’ont bien façonné. En ce qui concerne le roman, Bret Easton Ellis a également été un palier d’inspiration dans l’adolescence. American Psycho est le livre le plus viscéral que j’ai un jour lu. Une expérience unique. Au-delà de l’intelligence du propos et la beauté des mots. Dans un autre registre, je parlais de Bowie tout à l’heure : je le compte aussi parmi les influences majeures de mon écriture. Certaines rockstars ont une vraie plume d’écrivain, certains albums sont des romans, et je les place au même rang que Les Fleurs du Mal dans ce qu’ils ont semé en moi. Peut-être que je suis la somme de tous ces textes qui m’ont construite. Comme un bout de bois qu’on taille jusqu’à ce qu’apparaisse une plume, une écriture. Peut-être que c’est une des caractéristiques du métier d’écrivain·e.

La non-conformité comme acte politique et transformation sociale
Laure Mordray : Ton texte, Avis de recherche, figure dans le cinquième numéro de Non Conforme. Comment tu définirais ta propre « non-conformité » ?
Emilie Woestelandt : Pour être honnête, je crois avoir toujours observé les gens normaux avec un certain décalage. Décalage qui peut même atteindre l’effroi. On y comprend mon goût pour des livres comme American Psycho ? Au-delà de la plaisanterie, j’ai vécu la marginalité comme une norme. Dans la majeure partie de mon enfance — quand bien même une autre partie est plus compliquée — j’ai grandi avec l’idée qu’on pouvait être soi. Ça doit jouer ? Je présume que les personnes qu’on martèle à l’idée d’être normales peuvent en ressortir avec une honte à l’idée de ne pas être conforme. Qui, par chance, peut être dépassée, soit dit en passant. Je crois avoir été vaccinée de cette honte. Aussi, il y a une véritable violence dans les normes. Imposer à quelqu’un un comportement, une attitude, des vêtements, c’est ne pas donner à l’autre l’espace pour exister. J’ai toujours eu les vêtements que je voulais. Ce n’est pas parce que je faisais ce que je voulais, y’avait des règles comme dans toutes les familles, cependant mes parents m’ont laissé la place d’exister. Y’a rien de mal à laisser un gosse s’habiller avec un soleil brodé sur ses sandales à plateformes orange. J’ai jamais vraiment mal vécu le fait de ne pas correspondre aux normes. J’ai jamais mal vécu le fait d’être moi, d’être aujourd’hui une punk à cheveux verts, pansexuelle, insomniaque, hypersensible et la liste est encore longue.
On croit qu’on n’a aucun impact sur la société, mais être soi, c’est déjà œuvrer pour la transformer.
Emilie Woestelandt
Ça doit être très dur de ne pas avoir la place d’être soi, de performer la normalité par peur du regard de l’autre, de la société ou par habitude. Je parlais du look, mais il y a aussi tout ce qu’on ne montre pas. Je crois que ça tue, à la longue, de ne pas être soi. Ça m’aurait emmerdée de ne pas être moi-même. J’aurais pas supporté. Et je crois que, quelque part, personne ne le supporte. C’est les restes de l’idéaliste que j’ai pu être, mais la société tend à faire de la non-conformité la nouvelle normalité. Même s’il y aura toujours des haineux·euses pour faire chier, je crois que c’est un avenir vers lequel nous marchons. À chaque fois que vous faites sauter un verrou dans votre vie perso, la société avance d’une certaine manière. Regardons rien que l’histoire de la queerness, rien qu’à 30 ans, quand j’écoute les plus jeunes parler de leur adolescence, je vois la différence de qualité de vie. En étant nous-mêmes à 15, 16 ou 17 ans, avec plus ou moins de difficulté, ces ados peuvent l’être un peu plus à leur tour. Et ainsi de suite. Les générations passées ouvrent la voie pour que le quotidien de la génération suivante soit plus doux. C’est un domino positif dans lequel se trouvent toutes les personnes qui osent être elles-mêmes, de Colette en 1910 à Bowie en 1970 à mon oncle en 1980 jusqu’à l’adolescent·e qui sort aujourd’hui du lycée en 2026. On croit qu’on n’a aucun impact sur la société, mais être soi, c’est déjà œuvrer pour la transformer. Ça fonctionne sur beaucoup de sujets. Quand je vois aujourd’hui toutes ces personnes plus jeunes me parler de leur bisexualité alors que quelques années en arrière, je devais parfois expliquer que c’était une orientation sexuelle et pas un kink sexuel, quand je vois les tabous autour de la santé mentale sauter, des gens envoyer chier la pression sociale qui les pousse à être en relation ou des personnes sur le spectre de l’asexualité se défaire de l’injonction à la sexualité, je me dis que c’est magnifique. Qu’un jour peut-être, plus personne ne sera contraint à performer la normalité. Et qu’à terme, plus personne ne voudra de ça. La normalité est une structure sociale et les normes sont toujours liées à des systèmes de pouvoir. Il faut être soi, tout simplement.

Laure Mordray : Tes personnages semblent particulièrement « non conformes » à la société, tu es familière de cette marginalité ? Elle te touche particulièrement ? Où as-tu trouvé ton inspiration pour cette nouvelle ?
Emilie Woestelandt : Bien évidemment qu’elle me touche. Ça va rentrer en contradiction avec ce qui a été dit à la question précédente, mais, et nous entrons une partie plus douloureuse de mon histoire, je sais aussi à quel point c’est épuisant de traverser une société qui vous empêche d’exister. C’est quand même fou de constater qu’il est parfois toujours aussi compliqué d’être dans une société qui veut vous éteindre pour devenir un bon soldat du capitalisme : sors pas des clous, bosse, prend un Xanax, va baiser ou boire une bière si ça commence à te faire chier ou que t’as envie de crever, ne cherche pas à comprendre qui tu es et retourne perdre ta santé dans un job qui va bouffer ta vie. Beaucoup de mes personnages naissent de cet endroit-là. De ce sentiment très concret d’être en décalage avec ce qu’on attend de vous. Je crois que c’est là que se trouve mon inspiration : dans ces vies qui persistent, même quand le monde leur dit qu’elles ne devraient pas. Quand être soi prend le pas sur tout le reste.
En ce qui concerne cette nouvelle, bien qu’il y ait toujours une part importante d’imaginaire dans lequel j’aime me plonger, j’injecte toujours de mon histoire, dans à peu près chacun de mes textes. La genèse de cette histoire part d’un chapitre difficile de ma vie, où je suis tombé sur un « avis de recherche » en rentrant chez moi. On offrait 1000 euros pour un chien retrouvé. De mémoire, il s’agissait d’un bichon. J’étais jeune, précaire, et je me souviens être restée figée quelques minutes face à la vanité de ce grand jeu qu’est le capitalisme incarné dans une affiche. J’avais pas assez d’argent pour continuer mes études, mais quelqu’un, juste à côté de chez moi, pouvait se permettre de dépenser 1000 euros aussi facilement. Ce Monopoly géant auquel nous jouons tous·tes — dans lequel nous sommes piégé·es pour être plus précise — est aussi révoltant que fascinant. C’est dans le souvenir de cet avis de recherche qu’est né Avis de recherche.

Se relier à l’essentiel : une vision queer et humaniste
Laure Mordray : Tu évolues entre nouvelles, romans, scénarios, poésie, comment ces différents genres se marient chez toi ? Est-ce qu’ils s’alimentent mutuellement ?
Emilie Woestelandt : Le cinéma est omniprésent dans mes œuvres. Beaucoup de mes textes sont faits pour les cinéphiles — j’y reviens plus en détail à la question suivante. D’un point de vue plus technique, par exemple, mon écriture scénaristique nourrit mon écriture littéraire et inversement. Pour la poésie, elle est partout. Elle s’injecte dans mes textes comme elle vit constamment en moi. Je tiens des carnets de poésies qui ne sont destinés à aucune publication, des sortes de journaux intimes sous forme de vers et de proses. J’y écris régulièrement. Lorsque j’écris, je ne décide pas toujours du format à l’avance. Parfois, une idée arrive comme un poème, parfois une nouvelle devient roman. C’est un peu comme si chaque texte savait déjà la forme qu’il devait prendre. J’écoute ce que l’histoire demande. Mais oui, tout s’alimente mutuellement.

Laure Mordray : Tu peux nous parler de ton premier roman, qui doit sortir en 2027 chez Paulette Éditrice ?
Emilie Woestelandt : Avant tout, ce roman n’échappe pas à la règle de beaucoup de mes œuvres : c’est un livre profondément nourri par le cinéma, mon expérience avec ce dernier et ma cinéphilie. De ce fait, c’est un roman pour les cinéphiles. Et sans trop en dire, quelqu’un qui aime les films aimera voyager dans ce livre et dialoguer avec ce dernier. On y retrouve aussi un autre nerf de mon écriture : la création d’univers. J’aime bâtir des mondes. Pas seulement raconter une histoire, mais ouvrir un territoire avec ses propres règles, sa propre réalité. Créer des mondes, c’est s’évader de la société et y entrer un peu plus fort. J’écris en observant la société et ses failles pour les retranscrire sur un tableau avec son univers propre. L’imaginaire n’est pas le contraire de la réalité : c’est une autre manière de la regarder et de la comprendre. Comme la plupart de mes œuvres, c’est un roman qui se situe à la frontière des genres. Ici, nous voguons entre science-fiction et fantastique. Aussi, ce sera un livre très punk, très romantique. On y retrouvera des personnages de la sorte. J’ai toujours eu un rapport très intime à mes personnages. Je ne les vois pas comme de simples figures de fiction, mais comme des présences très concrètes. Il arrive que je les laisse écrire à ma place. C’est peut-être l’une des caractéristiques qui me passionne le plus dans l’écriture : se laisser habiter.
C’est un roman pour toutes les personnes qui se sont un jour demandé ce qu’elles foutaient là, sur une planète absurde à tendre un bout de papier pour acheter de la nourriture.
Emilie Woestelandt
De ce fait, c’est un roman avec une galerie de personnages dense, traversée de tensions, de désirs, de blessures et de vitalité. Il y a beaucoup de moi dans ce livre, et à la fois, beaucoup des autres qui ont fait ma vie — ou qui la font encore. J’écris pour entrer toujours un peu plus en moi. Mais aussi pour décrypter le monde qui nous entoure. Me vient souvent cette phrase de Victor Hugo : Quand je parle de moi, je parle de vous. Nous expérimentons certaines choses universellement : le rapport à l’amour ou l’amitié, la peur de vieillir, les relations familiales, le fait d’être piégé dans une société capitaliste. Puis, nous avons nos chemins propres dans lesquels une réalité est partagée avec certaines personnes : la réalité d’une femme, d’une personne queer ou précaire. Bien sûr que ce roman leur est adressé, mais pas seulement : c’est un roman pour toutes les personnes qui se sont un jour demandé ce qu’elles foutaient là, sur une planète absurde à tendre un bout de papier pour acheter de la nourriture. Qui n’arrive pas à comprendre le rapport à soi. Qui n’arrive pas à comprendre l’amour, les relations humaines, mais qui souhaitent les expérimenter. Qui n’ont pas toujours été amie avec la vie, mais qui veulent vivre quand même. C’est un roman comme ces gens-là. Dans lequel vivent des personnes similaires. Peut-être que ce livre, au-delà du dépaysement qui emmène dans un monde romantique et punky, pourra permettre à quelques personnes de dialoguer avec leur propre histoire. Quoi qu’il en soit, je suis très heureuse de le partager bientôt. Le plus beau d’une œuvre, c’est le moment où elle quitte l’intime pour rejoindre d’autres vies.
Laure Mordray : Tu as d’autres projets dont tu aimerais parler ? Quelque chose que tu aimerais ajouter ?
Emilie Woestelandt : Tout d’abord : merci, Laure, pour ces merveilleuses questions. Ainsi qu’à celles et ceux qui ont lu jusqu’ici. Si ça vous a donné envie de me lire, j’ai quelques textes en ligne gratuitement. À commencer par Avis de Recherche dans Non Conforme n°5 et un autre texte qui viendra dans le numéro de juillet. On peut aussi me retrouver gratuitement sur Squeeze. Je suis en gros décalage avec les réseaux, mais j’ai un Instagram tout neuf. À propos des dernières sorties, un texte que j’affectionne tout particulièrement, Tous les guerriers finissent au Valhalla, paraîtra en mai au Diable Vauvert dans le recueil des meilleurs textes du Prix Jacques Sadoul 2026. Et puis, mon premier roman dont nous avons discuté, qui sortira en 2027 chez Paulette Éditrice. Maison d’édition dont je vous conseille le catalogue d’ici là. C’est pas une entourloupe parce que j’y suis publiée, c’est une maison qui vaut le coup d’être découverte pour celles et ceux qui ne la connaissent pas. Pour mes autres projets ? Actuellement, j’écris un nouveau roman et de prochaines nouvelles. Quelques poésies, comme toujours. À ce rythme, je vais écrire jusque dans mon sommeil. Enfin, pour conclure vraiment : vive Non Conforme ! Puis, comme abordé tout au long de cette interview : soyons nous-mêmes !
Laure Mordray : Merci à toi pour ces réponses passionnantes, je suis ravie d’avoir découvert ta plume, ta personnalité et ton univers. Et je recommande chaudement à mes lecteurs de s’intéresser de près à tes œuvres.

Dans le cinquième numéro de Non Conforme, vous pourrez aussi lire Clandestine, un très court texte du duo Frédéric Houdaer et Judith Wiart. Court, mais percutant comme un crochet. J’aurais aussi adoré leur proposer une interview croisée et les interroger sur la violence de ce texte… Peut-être une autre fois, si je trouve le temps… Enfin, le non moins percutant et excellent Christophe Carpentier, que j’ai déjà eu le plaisir d’interroger, livre une autre nouvelle, plus longue, intitulée BEKO HSM 27050. Un nom de frigo pour un texte… rafraîchissant. D’une certaine manière très personnelle.
Si vous avez aimé cette interview, je vous recommande chaudement celle de Christophe Siébert.
Et si vous voulez découvrir l’univers de Claire Von Corda, (que je compte bien interviewer elle aussi), avec ses portraits au Bic, ses romans, sa musique, rendez-vous sur son compte Instagram ou sur Facebook.
Et vous, quelle lecture ou quel album a transformé votre vision de la société ? Dites-le moi en commentaire !








