Vous l’aurez lu en premier sur Patreon, voici le chapitre 0 de mon roman, en cours de finalisation, intitulé (provisoirement) Doux Baisers de la sorcière, que j’espère voir édité en 2026.
Bonne lecture et n’oubliez pas de partager !
LM

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Un gros cul… Non, mais n’importe quoi ! Il n’est pas gros, mon cul. “Gna gna gna… tu devrais boire moins de nectar…” Mais qu’est-ce que ça peut leur faire ? Moi, il me va très bien, ce cul. C’est le même que Beyonce. Voilà. Le même.
C’est toujours de moi qu’elles se moquent. Surtout cette pimbêche de Wilwarin. Avec son prénom débile, là. Alors qu’on est censées se montrer solidaires, il me semble. Non ? Sororité ! En attendant, c’est moi que la patronne a choisi pour cette mission de surveillance. Et toc ! Vertes de jalousies, les sisters. Parce que mon gros cul, il ne m’empêche pas de voler. Même s’il me ralentit un peu. Ça, c’est vrai.
Mais au moins, moi, je n’ai pas peur de sortir la nuit. Enfin… du moment que je ne perds pas la patronne des yeux. Elle est où, d’ailleurs ? Flûte ! Je l’ai per… Non, c’est bon, je la vois.
Ça lui va super bien, le blond, je trouve. En même temps, elle est canon, la patronne. Tout lui va. J’aimerais trop être comme elle. Belle, intelligente, douce, et courageuse. Rien que de se balader, comme ça, dans les rues de cette ville, à cette heure-ci… Il faut le faire. Et puis, elle a des formes, elle aussi. Et un joli petit cul tout rond. Comme le mien. Mais en plus grand, quoi. Avec un corps d’ado.
Allez, on se concentre ! Elle compte sur moi.
Par contre, qu’est-ce qu’elle est moche, cette ville ! Douchain. On dirait un dépotoir géant, tout en béton, recouvert de suie. Et de crasse. Berk ! Et encore, d’en haut et dans le noir, ça va encore. Les lampadaires ressemblent un peu à des lucioles. Pour ceux qui fonctionnent encore. Mais elle ne dort jamais, cette ville. Il y a toujours des cris, des pleurs, de la casse. Et cette odeur…
La patronne a dit qu’elle allait s’en charger, mais que ça prendrait du temps et qu’elle doit d’abord se débarrasser de l’autre fou furieux. J’aime pas quand elle parle de lui. Ses jolis yeux marron ont toujours l’air tristes. Elle dit qu’il ne va pas se laisser faire et qu’il y aura sûrement des morts. Et tout ça pour quoi ?
Houla ! Les SDF de la rue de Gaulle sont agités, cette nuit. Et ils empestent l’alcool : je le sens d’ici. On dirait qu’ils sont en train de… massacrer un bonhomme. Waouh ! C’est son nez qui vient de craquer comme ça ? Et voilà, j’ai la trouille, maintenant ! Je vais encore faire des cauchemars !
Et la patronne ? Elle est où ? Ça va, j’entends ses escarpins claquer contre le trottoir. Elle a pris un autre chemin. N’empêche, si elle doit courir, avec ces machins aux pieds, elle va s’amuser. Et si ça tourne mal, son histoire, je fais quoi, moi ? Bon, arrête de râler, Elfynia, c’est un immense honneur qu’elle te fait, la patronne. Elle t’honore de sa confiance. C’est pas à Wilwarin qu’elle a confié cette mission, c’est à toi.
N’empêche que je préférerais dormir dans la serre, là. Avec les autres. Je ne suis pas courageuse comme la patronne, moi. C’est comme ça. On n’est pas tous pareils. Mais j’ai d’autres qualités ! Enfin, je crois. Sinon, la patronne ne tiendrait pas à moi.
Tiens, il y a un type qui fume une cigarette, au coin de la rue. Berk ! Mais comment les humains peuvent faire un truc pareil ? Respirer de la fumée dégoutante et pleine de cochonneries. Et volontairement, en plus. Après, on s’étonne qu’il n’y ait pas de végétation dans leurs lieux de vie…
Hou je n’aime pas trop comment il mate la patronne, lui. Ho ! T’as au moins le double de son âge ! Enfin, physiquement, je veux dire. Hé ! Mais il la suit ! Il la suit carrément ! Ce ne serait pas ?… Mais si ! À tous les coups, c’est lui ! Flûte ! Flûte ! Flûte ! Flûte ! Il faut que ça tombe sur moi ! Vite, patronne, vite ! Vite, vite, vite !
Il va la rattraper ! Qu’est-ce qu’elle m’a dit, déjà ? Le fil ! Ha oui, le fil ! Mais où je peux le fixer ? Entre des immeubles, ce serait plus pratique, mais là, entre les corons et les pavillons… Houlalalalalalalalala !
Un couteau ! Il a un couteau ! Je l’ai vu briller sous un lampadaire ! Non, non, non, non, non, non, non ! C’est pas possible ! C’est pas possible ! Il faut que je trouve ! Sinon, il va lui faire plein de vilaines choses ! Non, non, non, non, non ! Mais pourquoi elle a mis des escarpins ?!
Elle me fait signe ! Quoi ? À droite ? Oui ! Oui, j’ai compris ! Allez, gros cul, fonce ! Plus vite ! Plus vite ! Plus vite ! Allez ! Tac ici ! Et tac, là ! Oui, elle saute au-dessus ! Et BAM ! Il se prend les pieds dedans ! Victoire !
Et maintenant, qu’est-ce qu’elle va faire ? Elle lui enfonce son talon dans la nuque… Ça doit faire mal, ça. Attention ! Il se retourne ! Ha ! Elle a ramassé son couteau.
— C’est très imprudent de se balader seul dans les rues, à cette heure-ci. Même avec ce jouet mal affûté pour protection, mon petit salaud…
— Quoi ?
Waouh ! Elle me fait peur, la patronne, là. Je l’ai jamais vue comme ça. Elle se jette sur le type et lui met le couteau sur la gorge ! Il saigne ! Il saigne ! Ha non ! Je vais vomir ! Je vais tomber dans les pommes ! Je veux pas voir ça ! Mais qu’est-ce qu’elle fait ? C’est pas elle, ça ! Je la reconnais pas !
Elle lui sourit ! Pourquoi elle lui sourit ? Et elle se frotte contre son… son… son tirelipimpon ! Mais qu’est-ce qu’il lui arrive ?
— Mais dis donc… Ça m’a l’air sympathique comme tout, ce que tu caches là-dessous. Baisse un peu ton froc, que je voie ça. Et sans geste brusque !
Ha ben l’autre non plus, il comprend pas ! Houlala il sort son machin ! Mais ça va pas bien ?
— C’est tout l’effet que je te fais, petit chien ? Vu comment tu me courais après, je pensais que tu étais dur comme du marbre. Ho ! Si je te montrais mes seins ?
Ha non ! Pas les nénés ! Patronne, non ! Ça se fait pas des choses comme ça ! Mais si, elle l’a fait. Et je suis obligée de regarder ? Je vais encore faire des rêves tout bizarres avec des tartes au citron, je le sens… Mais qu’est-ce qu’ils sont beaux, ses nénés à la patronne ! Les miens, ils sont tout petits.
— Caresse-moi, maintenant. Allez ! Te fais pas prier ! Je sais que tu n’attends que ça ! J’ai mis des semaines à te trouver, ne va pas gâcher ce moment avec ta timidité !
Qu… quoi ?! Mais c’était pas ça, le plan ! Si ? C’est super dangereux ! Hou ! Il lui met le tirelipimpon dans le… le… ben dans le chihuahua. Mais euh ! Je ne veux pas voir ça ! Je sais bien que c’est la nature, mais, quand c’est des humains, c’est pas pareil ! Ils salissent tout ! En plus, il saigne toujours, lui… C’est vraiment dégoûtant !
— Hé bien voilà ! Fougueux malgré le danger ! C’est comme ça que je les aime !
Elle a jeté le couteau. Mais pourquoi elle a jeté le couteau ? Non, mais c’est plus du courage, là ! Et si jamais il reprend le dessus, on fait comment ? Je lui tape sur le nez avec mes petits poings ? Et elle sourit et ils continuent leurs cochoncetés… Et moi, je fais quoi ?! Ha ben c’est déjà fini ? Tout ça pour ça ?
Et elle l’embrasse maintenant ! Sur la bouche ! Mais pourquoi j’ai accepté de venir, moi ? Je comprends plus rien… C’est pas censé être un gros méchant, lui, normalement ? Ha… On dirait que ça ne lui a pas plu. Pourtant, je suis sûre qu’ils sont tout doux, les baisers de la patronne.
— Putain… T’es vraiment une sacrée tarée, toi !
— Je suis juste une adolescente très joueuse. Et je peux te dire que je n’ai pas fini de m’amuser avec tous les pervers dans ton genre que compte cette ville.
Houlalalalala ! Il se relève ! Patronne ! Il se relève ! Il est grand ! Il me fait peur ! Et elle le regarde même pas ! Il va se jeter dessus ! Patronne !
— Ha ouais ? Et comment tu vas faire pour jouer une fois que je t’aurais crevée, hein ?
— Me crever ? Avec tes petites papattes, tes petites griffes et tes petites dents ? Tu crois faire peur à qui ?
Et elle rigole… J’adore trop son rire. Et son charisme. C’est pas pour rien que c’est la patronne. J’aimerais tant être comme elle. Et lui, il n’a pas l’air d’avoir compris, mais c’est fini, il a perdu. Il rétrécit. Il devient tout petit. Son corps se recouvre de boucles soyeuses. Il s’avance vers elle, mais c’est trop tard. Hé ! T’as perdu, gros nullos !
— Quoi ? Fais gaffe à tes paroles, sale pute ! Avant de te buter je peux très bien te… rouaf ! Te charcuter ! Rouaf ! Je peux te torturer pendant des waf ! Waf ! Ouaf !
Et voilà. Métamorphosé en caniche. Elle se relève, enlève la poussière de sa jupe, de son t-shirt pendant que l’autre jappe à ses pieds. C’est marrant, il est aussi moche en chien qu’en humain. Bon, ben je vais ranger le fil, histoire que personne ne se prenne les pieds dedans. Qu’est-ce qu’elle est puissante, la patronne, quand même. Un bisou et pouf ! Caniche.
Houla ! Je m’attendais pas à ce qu’elle le fasse voler d’un coup de pied par-dessus la clôture ! Elle a dû lui casser une côte. C’est sûr. Et voilà, maintenant, elle enlève sa moumoute, retrouve ses cheveux bruns…
— Tu vois, ma petite Elfynia, tu m’as été d’une aide précieuse.
(— Merci patronne ! C’était un honneur pour moi ! Mais j’ai eu la frousse !)
— Oui, je sais, je suis désolée. J’aurais dû mieux te préparer, c’est ma faute. Mais je savais que tu serais à la hauteur. Allez, on retourne à la maison. Assez de sensations fortes pour aujourd’hui. Prochaine étape… le prof. Ou le flic. J’hésite encore. Et il faudrait que je trouve un nom à mon rouge à lèvres. Qu’est-ce que tu penses de Hentaï Witch ?
(— C’est un peu compliqué à prononcer, je trouve.)





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